Mardi 9 juin 2009
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Communiqué de presse de la LPO transmis par Jacqueline Bouticourt
Grâce à l’Europe, les Vautours ont enfin le droit de se nourrir !
Depuis
quarante ans, de nombreux efforts ont été consentis en France pour sauvegarder les 4 espèces de vautours présentes dans notre pays. Le 24 avril dernier, un vote au parlement européen a autorisé
l’utilisation des carcasses d’animaux pour nourrir les rapaces nécrophages. Une nouvelle qui pourrait permettre d’éviter les frictions entre éleveurs et vautours.
A l’état sauvage, les vautours (fauve,
moine, percnoptère et gypaète) servent d’équarrisseur naturel : ils se nourrissent uniquement des carcasses qu’ils trouvent dans les alpages. Le changement de la réglementation sanitaire
suite à la "vache folle" a entrainé l’obligation de détruire les sous produits d’abattage plutôt que de les laisser aux oiseaux.
L’Espagne qui possède la plus grande
population de vautours en Europe a mis en place de façon très sévère ces restrictions. Affamés par la disparition des carcasses d’animaux, une partie des vautours de la péninsule ibérique est
venue trouver en France de quoi s’alimenter.
L’application de cette décision européenne
devrait permettre, désormais, de laisser des carcasses d’animaux issus d’élevage à la disposition des vautours sans systématiquement les acheminer vers des aires d’alimentation spécifiques
autorisées, notamment sur les secteurs éloignés ou difficilement accessibles dès lors que cette pratique n’engendre aucun risque pour la santé humaine et animale.
L'Espagne a désormais, grâce à ces amendements, les moyens de résoudre le problème de la famine qui touche ces vautours, notamment en leur permettant de trouver à nouveau de la nourriture
disponible.
Cette solution devrait permettre de limiter
encore un peu plus les conflits entre éleveurs et ces grands nécrophages, même si ces derniers sont de moins en moins nombreux, sans compter le bénéfice pour toutes les espèces protégées qui
dépendent du pastoralisme extensif.
Rappelons que les vautours sont le parfait
symbole de ce mot galvaudé : le développement durable.
En effet, leur rôle d’équarrisseur naturel
permet :
§ d’éviter l’émission de CO² en limitant le transport des cadavres d’animaux jusqu’aux incinérateurs.
§ d’économiser les frais de l'équarrissage industriel pour les éleveurs. .
§ d’avoir un rôle sanitaire en tant qu’élément de lutte contre les épidémies. En se nourrissant des animaux morts, ils évitent des transports qui peuvent
être contaminants malgré toutes les précautions prises. (Dans certains pays ils sont même appelés “les infirmiers de la nature“ à cause de ce rôle de prévention actif qu'ils ont joué depuis
toujours.)
Enfin, ils sont une source de développement
touristique partout où il est possible de les observer, dans les Pyrénées, dans les Grand Causses, dans le Mercantour, dans le Diois…
Protecteurs de la nature, vautours, élus
locaux et éleveurs pratiquant l'élevage extensif, ont donc un intérêt mutuel à ce que cette décision, défendue avec succès par Birdlife International (organisme regroupant tous les associations
protectrices des oiseaux au monde et dont la LPO est le représentant en France) auprès de la commission européenne, soit appliquée.
Allain BOUGRAIN DUBOURG
Président de la LPO
Contacts :
Patrick LADIESSE, Attaché de presse
LPO
06 34 12 50 69
Informations complémentaires
Dossier de presse disponible sur le site www.lpo.fr
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